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Les influences artistiques
 


Essaouira est aujourd’hui connue pour sa culture Gnaoua grâce au festival du même nom et ses artistes célèbres. Mais au-delà de ce style, les traditions locales sont marquées par d’autres nombreux rites, issus de diverses cultures.

(source des textes sur les cultures : « Essaouira, histoire et cultures Â»
Editions Sefriou)


Les Berbères de la région Haha ont une culture particulière caractérisée par « l’ahouach Â», forme musicale chantée et dansée où l’on déclame un poème, dit « amarg Â», accompagné par 2 principaux instruments : le « ribab Â» - instrument à corde unique - et le « nakos Â» - percussion.

Les Gangas, issus de cette culture, sont des noirs berbérophones présents dans la région depuis le XVIe siècle lorsqu’ils travaillaient dans les sucreries installées sur les bords de l’oued Ksob. Ils pratiquent un amarg particulier, plutôt improvisé, accompagné de crotales et de tambours.

Habitants du pays Chiadma, les Berbères Regraga seraient les descendants des 7 saints apôtres de l’Islam. Lors d’un voyage à La Mecque, ils auraient appris la naissance de la nouvelle religion et auraient été chargés par le Prophète d’islamiser le Maghreb.
Ils effectuent à chaque printemps un pèlerinage de 44 lieux saints qui commence vers le 22 mars et se termine aux alentours du 30 avril : « le printemps des Regraga Â»

Ils apportent la Baraka lors de leur « daour Â» (tournée), pratiquant un rite de fructification de la terre et de l’océan. En échange ils reçoivent des dons de la part des paysans Chiadma.
A chaque étape une fête foraine et un souk s’installent où l’on peut admirer les « halqua Â», spectacles populaires formés de chanteuses et danseuses – les « chikhates Â» - qui célèbrent « l’aita Â», une musique issue du chant Bédouin.

Le Daour des Regraga se termine à Sidi Messaoud Boutritiche, dans la commune de Had Draa, lors d’un spectaculaire moussem.

Les Gnaouas sont issus de divers horizons : anciens esclaves du Maroc, maçons venus pour l’édification du port et de la Casbah, la garde du Sultan, … Ils ont participé à la formation de la confrérie des Gnaouas de Sidna Bilal. Bilal était un esclave noir abyssin affranchi par le Prophète, converti à l’Islam qui devint le premier muezzin chargé de l’appel à la prière.

A Essaouira on retrouve cette confrérie à la Zaouia qui se trouve dans la partie ouest de la ville, près du quartier du Mellah.

On connaît les Gnaouas à travers les festivals et les artistes reconnus qui pratiquent une musique « profane Â», faite de chants accompagnés de crotales, les « qraqeb Â», et de grands tambours, les « Tbal Â», qui rythment des danses acrobatiques.

Originellement les Gnaouas pratiquent une musique de transe pour la « lila Â». Proche du vaudou, ce rite de possession se déroule la nuit où certains adeptes « possédés Â» sont guéris pendant la célébration.

Les musiciens invoquent des entités – les « mlouk Â» ou « melk Â» au singulier. Ils utilisent un « guembri Â», luth à 3 cordes joué par la Maâllem ainsi que des qraqeb, mais pas de tambours. Divers encens sont brulés selon les entités invoquées.

Une voyante s’occupe des accessoires et des vêtements nécessaires. Les mlouk s’incarnent chez les adeptes en transe qui sont alors revêtus aux couleurs de leur melk. On lui remet des couteaux, des bougies ou un bol d’eau, symboles de son entité, nécessaires à l’exécution de sa danse.

Il est rare pour un visiteur d’assister à ce type de rites, mais l’on peut cependant danser au rythme effréné de la musique Gnaoua et  apprécier les paroles qui retracent leur histoire et évoque leurs croyances

Fondée à Meknès au XVIe siècle par Sidi Ben Aissa, la confrérie des Aissaoua est directement issue de la tradition soufie. Le rituel, appelé « Hadra Â», commence par le « dikr Â», sorte de poème mystique. Le chant est accompagné d’un guembri, de percussions, « bendir Â», et d’un hautbois, « gheita Â».

C’est grâce à la partie instrumentale que commencent les danses extatiques, les «jedba Â», ainsi que d’autres danses qui miment le monde animal. Parfois, des danses de possession se forment, les « hadra gnaouia Â» où les mlouk sont invoqués pour guérir les danseurs.

La confrérie des Hamadcha est plus récente. Créée vers la fin du XVIIe siècle par Sidi Ali Ben Hamdouch, leur rite est très proche de celui des Aissaoua. Leur hadra commence aussi par un poème mystique comme celui qui invoque « le maître de la nouba Â». Durant les transes qui accompagnent la musique, certains adeptes s’automutilent, on les appelle les adeptes d’Ahmed Dghroughi (un des disciples de Sidi Ali Ben Hamdouch).

A Essaouira un moussem des Hamadcha a lieu chaque année qui rassemble les groupes d’Essaouira et des autres villes comme Safi, Fez, Marrakech …

On appelle Malhoun « un vaste corpus de poèmes qui perpétue une tradition de chants et de manuscrits (…)».
Il emprunte ses rythmes aux musiques arabo-andalouses. La « qasida Â» (texte poétique) est le plus souvent écrite en arabe dialectal et chantée sur une musique et à un rythme précis. Elle est divisée en couplets de 8 à 16 vers, et d’un court refrain qui rompt la monotonie du chant Malhoun.

Le chant est accompagné de nombreux instruments Ã  cordes et de percussions, ainsi que de violons, luth, tarija, daff, handqa

Au 10e jour de l’an musulman (mois de Moharram) est célébrée la fête de l’Achoura. Elle est l’équivalent des fêtes de Noël, du Nouvel An et du Carnaval.
Durant cette fête, les enfants traversent les rues de la ville en frappant sur de petits tambours (« tarijat Â») faits de poteries et de peaux tendues. On appelle cela la « dakka Â».

Au soir du 9e jour, des groupes se forment par quartiers pour prononcer des chants poétiques, religieux et profanes, appelés « rzoun Â» à Essaouira. Cette fête était l’occasion pour les 2 grandes communautés de la ville (les Chabanat à l’est et les Beni Antar à l’ouest) de s’affronter par joutes interposées, faites d’improvisations et d’insultes rituelles.

Au Maroc, la fête de l’Achoura revêt une dimension spirituelle et sociale. C’est un jour de partage et de charité qui rappelle l’obligation de faire l’aumône, la « Zakat Â», destinée à assister les plus démunis.

Le lendemain de l’Achoura a lieu le « Zem-Zem Â» (en rappel du puits de la Mecque portant le même nom). Les enfants disposent alors d’une totale liberté pour asperger voisins, amis et passants !

Plus récemment, dans les années 50/60 Essaouira devint le point de chute de nombreuses légendes du rock (Cat Stevens, Jimmy Hendrix …) qui ont donné naissance à de nombreuses légendes.

On raconte que Jimmy Hendrix serait arrivé en 1969 à Casablanca depuis Paris avec 2 amis pour visiter le Maroc. Il aurait logé dans de grands hôtels sur 3 villes, dont Essaouira.
Le nom de l’hôtel où il aurait logé reste indéfini, certains parlent du Riad Al Madina (anciennement Hôtel du Pacha), d’autres de l’Hôtel des Iles.

Ainsi, les rumeurs vont bon train sur cette courte visite : on dit qu’il aurait joué avec les musiciens de la ville mais rien ne peut confirmer cette croyance. De même, on raconte qu’il aurait écrit « Castle in the sand Â» en découvrant le Borj El Baroud ou l’ancien palais du sultan, à l’extrémité de la baie, bien que cette chanson fût composée en 1967 alors que son voyage s’effectua en 1969 !

Plus connue encore, la légende raconte qu’il aurait voulu acheter le village de Diabat et qu’il aurait laissé une longue descendance après son passage ! Ces rumeurs infondées ne peuvent pas être prouvées aujourd’hui, mais elles enrichissent le folklore de la ville.

Une chose est sûre cependant, les légendes du rock qui sont passées par Essaouira à cette période sont sans conteste tombées sous le charme de la cité !

 
 
 

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