Les premières traces de civilisation remontent au VIe siècle av. J.C, lorsque les navigateurs Phéniciens utilisèrent l’île de Mogador comme un relais sur la route vers l’Afrique Noire. La population d’alors était Berbère et la ville s’appelait Amogdul (la bien gardée), certainement en mémoire du marabout Sidi Magdoul.
A partir du IIe siècle av. J.C, les îles passèrent sous occupation Romaine ; et dès le IIIe siècle av. J.C, les Berbères se constituèrent en monarchie. Rome plaça alors à sa tête, Juba II, qui développa l’industrie de la pourpre grâce au murex - coquillage présent sur les îles dont on tire la couleur - qui donna son nom aux «îles purpuraires ». Au Ie siècle après J .C, les Romains annexèrent complètement le royaume Berbère et le rattachèrent à la Maurétanie.
Dès la chute de l’empire Romain et durant le moyen âge, les marins portugais prirent la ville et y installèrent d’abord une base militaire puis un comptoir commercial. La ville fut rebaptisée Mogdura en portugais – Mogador en français.
A dater du XVIIIe, le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décida d’installer à Essaouira sa base navale qui assura, à l’époque, 40% des échanges maritimes.
L’essor de la ville continua jusqu’à la première moitié du XIXe, où l’importante communauté juive fit prospérer la ville. La cité était alors surnommée « le port de Tombouctou », pour ses caravanes venues d’Afrique qui y négociaient leurs cargaisons d’or, d’épices ou d’esclaves. Les juifs quittèrent la ville au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui seules quelques familles juives y habitent toujours.
Un certain déclin commença avec le développement d’autres ports comme Casablanca, Agadir ou Tanger. Les eaux peu profondes de la baie devinrent un handicap au développement du port.
A l’indépendance du Maroc, la ville reprit le nom d’Essaouira. Elle connut un nouvel essor dans les années 60 avec l’engouement des grandes figures hippies comme Jimmy Hendrix et Cat Stevens ; et plus récemment grâce à son emplacement favorisant les sports nautiques, l’affluence touristique et sa vocation culturelle.
A travers les âges Essaouira a toujours été un carrefour des cultures et des civilisations,
les lignes de la ville reflètent son histoire.
C’est vers 1760 que le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décide de construire à Essaouira un port royal. Pour le réaliser, il fait appel à un architecte français, Théodore Cornut, qui travaille durant 3 ans à l’élaboration du port et de la kasbah.
Il dessine une ville aux larges avenues rectilignes, entourée de remparts et reliée au port par une grande porte – la Porte de la Marine. Elle pris le nom d’Essaouira ( « la bien dessinée ») en raison de ses plans.
La Kasbah – les quartiers du Roi – assurait la gestion et l’exploitation du port ; les administrateurs, les courtiers et les consuls y logeaient également.
La ville se trouvait ainsi fortifiée par une ceinture de remparts :
ð Au nord, la moitié du rempart existe toujours et longe la rue Attarine
ð A l’est, encore intact, le rempart s’étend de part et d’autre d’une porte monumentale.
ð A l’ouest, une esplanade fortifiée bordée de canons – la Skala – sous laquelle subsistent encore les pièces voûtées d’un fort portugais construit au XVIe siècle.
ð Au sud, la limite correspond à l’actuelle Place Moulay Hassan.
Vers 1780, les Arabes et les Berbères vivaient en harmonie dans l’enceinte de la ville aux côtés des juifs, d’un millier d’Européens de tous les horizons, de navigateurs étrangers et d’esclaves africains.
La construction de l’actuelle médina fut entreprise à partir du XIXe et jusqu’au XXe siècle. Les 3 arcades qui prolongent le rempart nord ainsi que l’horloge datent de cette époque. La ville s’organise toujours autour de grandes avenues rectilignes coupées par quelques ouvertures qui ont pour fonction d’abriter des alizés.
Deux axes principaux se croisent au centre de l’actuelle médina : de Bab Doukkala au port (Nord/Sud) et de Bab Marrakech à l’océan (Est/Ouest). Au carrefour de ces axes se situe le souk jdid, composé de 4 marchés : le souk aux poissons, aux épices, aux grains et à la joutia (la brocante). Lien vers onglet « Les lieux à découvrir »
Au début du XXe siècle, la « nouvelle casbah » est terminée, traversée par la rue du Caire où se trouve Dar Souiri, pour donner à la médina les formes qu’on lui connaît.
Son architecture unique lui a valu d’être classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 2001.
Au-delà des lignes de la ville, son histoire forte d’une alliance entre les peuples et sa vocation culturelle lui confèrent un statut particulier. Essaouira est depuis toujours une ville cosmopolite et ne manque pas de perpétuer cette tradition.